Points de vue

Environnement : lecture sur ordinateur vs documents imprimés

Une étude fort intéressante de BIO Intelligence Service — spécialiste des études et conseil dans les domaines de l’information environnement et santé — intitulée « Analyse comparée des impacts environnementaux de la communication par voie électronique » est récemment parue.
Cette étude évalue les conséquences environnementales de l’échange d’informations par courriel, d’une requête web ainsi que l’échange d’informations par clé USB.

Je me suis davantage intéressée à l’envoi d’un courriel ainsi qu’à la transmission d’un document pas clé USB car dans les comportements alternatifs proposés par cette étude il y avait la comparaison entre la pollution engendrée par l’impression d’un document et la lecture à l’écran de ce même document.

Ces dernières années on nous inculque que le papier est le très mauvais élève de l’environnement versus les nouvelles technologies d’échanges et de communication, mais on oublie trop souvent de dire que ces belles technologies sont aussi très polluantes.
Je vais vous donner quelques chiffres pour que vous vous rendiez mieux compte de l’énergie que nous pouvons consommer chaque jour avec un seul email.
Il faut savoir qu’en moyenne 247 milliards de courriels ont été envoyés par jour dans le monde en 2009 et qu’un chiffre de 507 milliards est avancé pour 2013.
1 email représente 4,8g d’équivalent fer et ressources fossiles et 4g d’équivalent pétrole.
Lorsque ces résultats sont replacés dans le contexte d’une entreprise française de 100 personnes, dont chaque personne envoie 33 courriels par jour en moyenne et sur la base de 220 jours ouvrés par an, les émissions de gaz à effet de serre représentent 13,6 tonnes de CO2. Ce chiffre est exponentiel si vous glissez une pièce jointe, que votre envoi est groupé ou que vous stockez longtemps vos courriels dans votre boîte.

Cette étude révèle aussi que le papier peut donc dans certains cas être plus économique, écologiquement parlant :
- si nous passons moins de 3,24 minutes par page à la lecture d’un email de 1Mo sur un écran ;
- si nous passons moins de 2,12 minutes sur la lecture d’un document de 200 pages sur ce même écran.
Oui mais ceci est à la condition d’imprimer les documents en noir et blanc, recto verso et 2 pages par feuille… Qui fait cela aujourd’hui ?
Moi-même pour écrire cet article, j’ai imprimé les documents, j’ai certes mis plusieurs feuilles par page mais je ne l’ai pas fait en noir et blanc ni recto / verso (oui je sais c’est mal mais je suis loin d’être la seule admettez-le…)

J’ai pu voir que Pap’Argus, le marché des papiers et cartons, relayait également cette étude mais que nous n’en percevons pas les mêmes conclusions, puisque la rédactrice intitule son article « Bonnes nouvelles pour le papier » et y voit je cite « le retour à l’avantage papier » ou « il y a fort à parier que la même analyse dans quelques années sera encore plus en faveur du papier« .
Alors même qu’il ne s’agissait pas pour cette étude de faire valoir le papier plutôt que les technologies mais de proposer des solutions et de bonnes pratiques pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et l’épuisement trop rapide des métaux.

Mais ce que Pap’Argus ne relaye pas pour arriver à de telles conclusions est que les impressions qui sont faites en majorité — c’est à dire en couleur, recto et une page par feuille — sont plus écologiquement responsable que la lecture sur écran si nous passons plus de 12,12 minutes par page à la lecture d’un email de 1Mo et plus de 8,06 minutes sur la lecture d’une feuille d’un document de 200 pages… ce qui est rarement le cas à moins de s’endormir devant son ordinateur…
Le potentiel de changement climatique est donc fortement affecté par le type d’impression du document (encre, papier, utilisation énergétique de l’imprimante). Une feuille imprimée en couleur représente plus de 12 minutes de lecture à l’écran, où est ce « retour à l’avantage papier » ?

Alors que l’article sur Pap’Argus débutait sur ces lignes « Contrairement à ce que prétendent aisément ceux qui se parent de fausses vertus en voulant substituer par exemple la facture électronique à la facture papier, sont loin d’être innocentes pour l’environnement, car elles contribuent aux émissions des gaz à effet de serre« , je répondrais que je ne pense pas qu’il faille opposer encore une énième fois le papier à la technologie ou vouloir défendre le papier contre la technologie, que ce soit d’un point de vue marketing où le multicanal reste indispensable pour toucher ses différentes cibles au bon moment, ou d’un point de vue environnemental puisque les deux sont polluants quoiqu’on en dise…
Tout dépend de l’utilisation d’un courriel ou d’un document imprimé et cette étude nous aide juste à y prendre conscience et à réfléchir à deux fois avant de lire un long document sur un écran ou d’imprimer une courte présentation.

Pour ma part, toutes mes factures me sont envoyées par voie électronique, je ne les imprime pas et je fais bien, car il faut dire que je passe bien moins de 3,24 minutes à les consulter…

1 commentaire

  1. sliwinski dit :

    Ma curiosité a été piquée et j’ai lu les 2 documents source.
    L’étude faite par BIO Intelligence Service est vraiment très intéressante, je la recommande à tout le monde. Elle est factuelle et tout à fait intelligible, pas rébarbative.
    Quant au discours de Pap’Argus il est clair qu’il déforme complètement les propos de cette étude. D’ailleurs, à aucun moment cette étude n’établit de comparatif entre le print et le web. A chaque fois la source est le web puis le print de façon ponctuelle et/ou optionnelle.
    Pour revenir au cœur du sujet, je pense que la question ne se pose pas vraiment sur le choix du web ou du print. Ces 2 supports sont indissociables et complémentaires.
    Il est à mon sens beaucoup plus préjudiciable de voir à quel point nous sommes mal informés voire mal formés sur les bonnes pratiques à adopter.
    Cette étude m’a appris énormément et m’a surtout fait prendre conscience de la nécessité de former les collaborateurs sur des outils de base comme les boîtes mails en associant cela à un cahier des charges de pratiques éco responsables. J’ai mesuré toute la subtilité de la gestion du contenu d’un document envoyé par mail. Pour en limiter son impact carbone, il est important soit de le compresser, soit d’en réduire son nombre de page (synthèse power point), soit de le rédiger de manière suffisamment structuré afin que le lecteur trouve rapidement les infos essentielles et passe donc le moins de temps possible à le lire.
    Dans une entreprise de plus de 100 salariés, il est monnaie courante de voire des mails avec moult destinataires en copie. Cette pratique « parapluie » est symptomatique d’une organisation dont les rôles ne sont pas bien définis. Il est courant aussi de voir plusieurs collaborateurs d’un même service imprimer le même document. Cette pratique est le reflet d’un manque de questionnement sur les outils collaboratifs à mettre en place au sein d’un service ou de l’entreprise.
    Dans tout les cas, cela passe par une volonté d’éduquer et de sensibiliser les collaborateurs afin que cela devienne évident et naturel. C’est aussi penser les outils/process différemment pour mieux partager l’information.
    Je suis inscrite dans une démarche éco responsable depuis plusieurs années maintenant, comme vous Marion, mes factures sont dématérialisées. Je recycle tout ce qu’il m’est possible de recycler chez moi…et je suis heureuse d’avoir lu votre article qui me permet d’aller plus avant dans ma démarche.

    Merci.

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